Le BIO ne veut plus rien dire…

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Cuisinière équipée de compartiments communiquant, avec des bacs à légumes en haut, et en bas un lombri-composteur servant à jeter les résidus biologiques (épluchures, etc…) et produisant une eau nutritive réinjectée dans le circuit en haut. Projet POC21 en 2015.

J’assistais à une conversation entre deux amis, autours du concept du BIO.

L’un critiquait le bio, affirmant que c’était une invention des grandes marques, que cela ne représentait pas grand chose, d’autant que les sols sont pollués jusqu’au manteau terrestre.
L’autre ventait les mérites d’une agriculture plus rustique, plus saine, car moins chargé en engrais et pesticides, et autres molécules dont il ne comprenait pas la nature exacte mais se doutait d’une certaine toxicité.

Honnêtement, j’en ai marre de voir des débats de valeurs stériles, autours des même sujets, encore et encore, alors je vais me permettre de faire un petit point, afin de clarifier les esprits.
Loin de moi l’idée de donner mon avis sur la question (j’ai depuis longtemps abandonné tout effort concernant mon alimentation, je ne me sens donc pas concerné par ces débats).
Mais quelques informations devraient permettre aux gens de mieux prendre parti, et d’éviter de se battre comme ces deux personnes, alors qu’au fond, ils ont tous les deux raisons.

 

 

Le BIO c’est le MAL ?!!

 

BIO, c’est un label : cela correspond à une liste de produits interdits dans les différentes étapes de préparation d’un aliment (y compris la plante que tu donnes à manger à la vache que tu consommes ensuite).

En soi, ça limite l’utilisation de produits polluants, ce qui n’est pas une mauvaise chose : pesticide, antibiotiques, facteurs de croissance,…
Mais les agriculteurs bio aujourd’hui, pour garder une rentabilité face aux processus industriels classiques, doivent souvent quand même utiliser des produits, et ils prennent alors le premier qui n’est pas sur la liste de leur label (que ce soit bio, label rouge ou tous ces autres labels de normes).
On trouve souvent des métaux lourds pour l’agriculture, par exemple. Les antibiotiques ont été remplacés par des vaccins pour les animaux…
ET en plus ils sont confrontés au problème d’appauvrissement et de pollution des sols qui impacte la composition de leurs aliments. Mais ça rien à voir avec le label, ça concerne tout le monde ça !
En effet, les plantes puisent dans le sol des nutriments (azote, phosphore,…), et comme ils ne sont pas réinjectés sur les terres (épandage, engrais naturel), ils finissent par manquer. Les aliments sont alors pauvres en nutriment.

Les nouvelles techniques dites « BIO »

Heureusement pour nous, certains savent lire entre les lignes et ne s’arrêtent pas à un mot fourre-tout.
On voit apparaître une quantité de nouvelles techniques d’agriculture et d’élevage, inspirées de processus observées dans la nature, qui permettent d’obtenir une qualité alimentaire supérieure tout en ne demandant pas des techniques d’agriculture ancestrales, couteuses en énergie.
On peut citer par exemple la permaculture, qui reconstruit des minis cycles biologiques en travaillant plusieurs espèces ayant des besoins complémentaires.
On voit apparaître également des techniques mêlant l’élevage à l’agriculture (pisciculture, apiculture, il existe même des éleveurs de mouches).
Une certaine forme d’automatisation apparait également, ce qui limite l’intervention humaine et permet donc de conserver les avantages recherchés par l’industrialisation sans en avoir les inconvénients.
Ces techniques sont encore en développement, et certaines nécessite encore des ajustements. Des données sûres et plus précises concernant la qualité de nos sols, et la compositions de nos aliments aideraient surement à avancer plus vite.
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Jardins collaboratifs à Paris, dans le XVIIème arrondissement de Paris, sur les rails d’une ancienne gare.

Et le BIO dans tout ça ?

En conclusion, parler du BIO aujourd’hui, c’est utiliser un mot ayant été détourné, et utilisé dans des contextes tellement absurdes, qu’il en a perdu toute valeur. Il désigne à la fois quelque chose de bien dans l’esprit collectif, mais quelque chose de perverti dans la réalité.

Je n’aurai donc qu’une recommandation, c’est de ne plus utiliser ce mot. Si vous voulez citer une technique d’agriculture, expliquez là. Chacune a ses avantages et ses inconvénients, aucune n’est parfaite.
Mais si vous parlez d’agriculture biologique, alors soit vous parlez d’une de ces nouvelles techniques, mais dans ce cas aidez votre interlocuteur et précisez directement laquelle ! Soit vous parlez d’un label, et dans ce cas apprenez ce que c’est avant de vous jetez dessus parce qu’il y a BIO dans le nom. Méfiez vous, c’est votre santé, et ne vous faites pas avoir par ceux qui cherchent juste à vous vendre leur produit à tout prix…

 
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