La ferme verticale : pourquoi c’est à la fois écologique et performant

 

Sciences et avenir !
J’adorais cette revu quand j’étais gamin, y’a pas si longtemps ! L’article que j’ai envie de commenter évoque une étude du CEFE et de l’Inra qui contredit l’un des fondements de l’industrialisation agricole intensive, la monoculture.

60 ans que l’agriculture a tout faux !

« Des chercheurs français démontrent que les rendements des cultures sont plus élevés quand différentes plantes sont mélangées et qu’elles possèdent un patrimoine génétique diversifié. L’exact contraire de ce que fait l’agriculture depuis 60 ans. »

 

En soi, ça paraît assez logique, quand on a fait un peu de biologie végétale…
Les plantes ont développé une communication chimique inter-espèce assez déboussolantes pour nous (elles peuvent réagir à des conditions de leur milieu, comme la température, l’humidité, des concentrations chimiques en nutriment de base, ou certaines « hormones » végétale sécrétées par une autre plante). Les différentes espèces peuvent alors réagir à l’unisson face à une agression externe, comme une vague de froid, un parasite ou un prédateur.
C’est parfois presque comme si les différentes plantes, de plusieurs espèces, réagissaient comme un seul organisme face à des conditions extérieures.

Ça va de paire avec ma vision non fermé des systèmes biologiques, en permanente interaction avec l’environnement, ce qui met en cascade différents niveaux d’organisations (au niveau de l’espèce, du groupe territorial, de l’individu, de l’organe…).

On commence à connaître des trucs, des associations de plantes efficaces, des petites astuces qui optimisent le potager… d’autres sont connues depuis longtemps sans forcément connaître les détails, dans tous les cas la polyculture a de l’avenir (et ce que je trouve le plus cool : la culture associé à l’élevage !).

 

Le savoir-faire de nos Grands Parents, à portée de main…

Pour moi c’est surtout le côté lucratif qui a progressivement effacé des connaissances qu’on avait validé depuis longtemps par l’expérience, pour les remplacer par des connaissances « rentables » démontrée à la va-vite.

Jusqu’à notre société moderne, je pense que les connaissances et les découvertes scientifiques sont fiables.

Après, je ne présage de rien ! Mais même si la rigueur objective de la science a quitté la recherche depuis ce moment, il existe encore beaucoup de bonnes études, objectives, ne prouvant pas forcément ce que l’auteur voulait à tous prix trouver. La majorité des chercheurs travaillent correctement avec les moyens dont ils disposent. Tout n’est pas à jeter à la poubelle, même si un sérieux nettoyage de nos connaissances va être nécessaire !

L’exemple de la ferme verticale

Je vais illustrer mes propos avec un exemple, celui de la ferme verticale. Peu de gens connaissent ce concept, en effet, il ne rencontre pas un franc succès à la fois dans le monde capitaliste (structure onéreuse), et dans le monde écolo (une ferme gratte-ciel, sans déconner ?!).

despommier-ferme-verticale-urbaine

Chris Jacobs et Dickson Despommier ont dessiné cette ferme verticale de forme circulaire. Haute de 30 étages, elle produirait des fruits, des légumes et des poulets, elle pourrait nourrir 50 000 personnes.

En effet, on sait que les plantes absorbent seulement certaines radiations lumineuses pour leur besoins. En empilant les cultures et en divisant l’énergie solaire pour n’émettre que le spectre lumineux qu’elles aiment à chaque étage, tu augmentes encore le rendement de tes cultures au m² (la grosse limite de l’agriculture étant la surface qu’elle occupe au sol, surtout dans les zones denses comme les villes).

Le côté mécanique et automatisé de ces fermes déplait, rappelant le côté industriel qui aujourd’hui rappelle sans cesse tous les poisons utilisés en permanence.
Et c’est là toute la force de ces tours : c’est exactement l’inverse de l’industrie classique. En prenant le parti de faire pousser vos légumes hors sol, vous régler instantanément tout ce qui justifie l’utilisation de pesticides et autres poisons (parasitisme, prédateur…) puisque vos légumes poussent dans un milieu fermé !
La seule chose qui entre dans la tour, c’est la lumière qui alimente les appareils électriques et nourrit les plantes !

La limite rencontrée par ces tours est encore à l’étude, et c’est la même que pour tous les projets de permaculture ou autre. L’objectif de ces milieux fermés et contrôlés,c’est d’avoir en entrée la lumière et des nutriments de base (fertilisant issus de nos déchets biologiques, ce qu’on évacue après nos repas quoi…), et en sortie des aliments.
Or, comme je l’ai dis tout à l’heure, la biologie n’est pas un monde de milieu fermé.

Les questions qu’il va falloir se poser et résoudre, c’est combien de paramètres il faut surveiller et contrôler pour garder l’écosystème de la tour en équilibre. Parce qu’en réalité, ces tours constituent des mini-continents, coupées du monde, avec leur propre écosystème. Or, on ne comprends pas encore toutes les relations complexes nécessaires à l’équilibre de ces milieux.

Système de filtration d’eau – contrôle de la maturité des fruits et légumes – réutilisation des déchets pour fournir de l’énergie – récolte de la vapeur d’eau © Rolf Mohr / Chris Jacobs

Ces tours sont en effet de doté de système complet de réutilisation des déchets, même pour l’eau (une plante rejette en effet une quantité impressionnante d’eau dans l’atmosphère, un chêne par exemple c’est 500L d’eau par jour qui passe du sol au ciel).
Mais il suffit qu’un élément du cycle ne soit pas surveillé, et on peut avoir des phénomènes d’accumulation qui déséquilibrent le système.

 

150000 tours réparties dans le monde, et plus personne n’a besoin de produire de la nourriture pour nourrir la planète !

Il n’en reste pas moins que sur le papier, ces tours font rêver :

_ impact écologique : la tour coute les ressources pour sa construction. Mais une fois posée, elle ne coute que pour son entretien (limité si les technologies utilisées sont simples et solides), et consomme nos déchets biologiques et la lumière solaire pour produire des aliments, avec zéro déchet.

_ impact sanitaire : l’aliment est-il sur ? Le fait d’avoir un système fermé permet en effet de contrôler efficacement les maladies végétales ou les parasites et ce, sans utiliser le moindre produit chimique. En effet, déjà le système a très peu de chance de se faire contaminer depuis l’extérieur, et même si cela arrivait, il serait beaucoup plus facile d’éliminer les plantes contaminées et de reprendre une culture saine.

_ impact agronomique : et quid de la qualité de l’aliment ? L’agriculture actuelle appauvrit nos sols, rendant nos légumes peu nutritifs. En effet, elle ne remet pas dans le sol les déchets biologiques qui sont les briques de base de la plante. Or, dans la tour, les besoins de la plante sont connues et les nutriments lui sont apportés, à la fois en réutilisant ses propres déchets, et par la consommation des nôtres. Le cycle fermé permet de répondre très efficacement aux besoins de la plante, qui sait très bien nous dire quand elle manque d’un nutriment donné (à nous d’ouvrir le bon robinet pour la nourrir).

_ impact territorial : la plus grande force d’une telle tour pour moi, c’est sa capacité à produire des quantités impressionnantes de nourriture dans un espace ridicule, et avec très peu de main d’œuvre, voir aucune (la grande force des automatismes robots et informatiques…). Les humains tendent à se concentrer dans des villes, qui agissent comme des organismes aux besoins dantesques en nourriture, ces tours sont la solution pour que les villes survivent à une crise alimentaire qui se fait de plus en plus menaçante !

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