Journal de Madagascar, semaine 2

 

Première partie du journal en cliquant ici.

 

Mercredi 14 – Rencontre avec le directeur, courses à Ranomafana, et observation de Microscibus

Je me suis levé en retard ce matin : réveil à 10h par Tina, réveillée elle plus tôt par ce qui ressemble passablement à ce qu’on appelle la courante… (ou dans notre jargon intoxication alimentaire !), pour aller directement rencontrer le directeur du parc de Ranomafana. Nous devions normalement rencontrer celui-ci avant notre première visite du parc, Eileen nous a donc recommandé de ne pas lui mentionner celle qu’on a faite la veille grâce à elle… C’est aussi là que j’ai appris qu’elle logeait dans Ranomafana, où elle a acheté une maison ; elle possède la deuxième plus grande maison de la ville… Cette femme est assez impressionnante, mine de rien, elle confirme la première impression que j’avais eu d’elle.

Il nous a demandé ce qu’on souhaitait faire, l’intérêt de notre étude pour le parc et d’où on venait, le tout en français (conversation difficile à suivre pour Eileen, donc…). On travaille donc sur un projet d’étude des lémuriens Propithecus, mené par Patricia Wright, et on s’intéresse plus particulièrement au parasitisme intestinal. Les résultats serviront à mieux connaître cette espèce en voie d’extinction, et éventuellement de mener un peu de prophylaxie (il n’y a pas moyen de traiter les animaux quand ils sont déjà malade, d’une part parce que c’est difficile de les observer, et d’autre part, ce n’est pas dans la politique de la réserve d’intervenir). Il a aussi signé nos papiers autorisant notre étude.

L’après-midi, nous avons juste fait quelques courses à Ranomafana, et profité d’internet, avec Tim. J’ai pu constater que j’étais plus à l’aise dans le village : moins le sentiment de me faire arnaquer à chaque achat, et plus à l’aise vis-à-vis du regard des malgaches. On a eu la chance de profiter de la voiture qui amenait et ramenait des membres de Valbio, donc on a évité le trajet à pied.

Le soir, nous avons attendu le retour d’un employé du parc, qui s’occupe de relever les pièges des Microscibus, les plus petits lémuriens du parc. Ils ressemblent à des écureuils, avec de grands yeux. Ils sont capturés dans le cadre de l’étude que mène Tim, qui les mesure et les pèse après avoir vérifié leur puce électronique. Ils travaillent sous lumière rouge, afin de ne pas effrayer cette espèce, qui est nocturne.

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Labo nocturne, pour ne pas traumatiser plus les petites bêtes…

Nous avons également appris qu’il y avait un lémurien captif juste à côté du centre, dans une cage ressemblant à celles destinées aux écureuils à l’ENVA. Il a été acheté par un touriste qui, ne pouvant le ramener, l’a laissé ici…

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Un Microcibus !

Au cours d’une discussion ce soir, nous avons appris que nos collègues américains ont eu de désagréables expériences avec les sangsues… Moi et mes 12 morsures, je peux me rhabiller : le record est de 93 en une fois, par Catherine !

Jeudi 15 – Visite au parc

J’ai décidément du mal à me lever quand je n’ai pas de raison particulière de le faire… Mais cette fois, j’ai émergé seulement 3/4 d’heure après Tina, sans qu’elle vienne me réveiller. Et ce matin, nous n’avons fait que lister le matériel présent dans le labo, et passer commande pour acheter ce qui nous manque.

C’est à cette occasion que j’ai constaté que le labo était quand même assez mal équipé : un microscope sur deux ne marche pas, la centrifugeuse non plus, il n’y a que très peu de lames, et pas de lamelles, nous n’avons pas de boîtes potables pour mettre nos prélèvements… Ce sont des choses assez simples, mais qu’on est content d’avoir. Par contre, il y a des microscopes portables (!), ou des litres de formol…

L’après-midi, retour au parc. Cette fois, ce fut beaucoup plus simple, on n’y a pas passé trop de temps. Les Propithecus ont été aperçu le matin par un groupe qui n’avait pas de téléphone pour prévenir les autres, ils les ont donc perdus. Mais l’un de nos deux guides (qui n’étaient pas avec eux) est tombé sur des excréments de Propithecus, vers 11h, et les a ramasser pour nous. On l’a donc retrouvé dans la forêt avec quelques morceaux de caca soigneusement emballés dans du papier alu… L’intention était bonne, même si c’est un problème que ces excréments aient passé du temps sur le sol, temps qu’on ne connait pas en plus. Cela dit, ils nous seront utiles pour tester nos protocoles, voir s’ils fonctionnent.

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La jungle dans toute sa splendeur…

On a aussi aperçu une sorte de mangouste, Ring Tailed Mangoose, ressemblant beaucoup à un furet (c’est d’ailleurs un prédateur pour les Microscibus, les petits lémuriens).

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L’anti-lémurien par excellence. Et le copain de Sonic.

Le soir, nous avons eu pas mal de temps libre, cela nous a permis de discuter et jouer à quelques jeux de cartes avec Tim. On finit en effet de travailler à 17h30 environ, en s’arrêtant en même temps que tout le monde… ces horaires sont plutôt confortables, mais après tout, nous suivons scrupuleusement ce que le directeur de la réserve a dit : « Profitez de ces vacances ! »

Vendredi 16 –  Première rencontre avec les Propithecus et premiers essais d’analyses

Le réveil a été encore plus dur ce matin pour Tina, toujours malade, que pour moi les jours précédents. Je suis arrivé à 7h40 pour le RDV à 7h30, mais Tina n’était prête qu’à 8h10, bien qu’elle se soit levé en même temps que moi. Cela a donné lieu à une petite prise de bec, elle avait passé une mauvaise nuit et commençait déjà la journée en mode soufrance… Je pense qu’on a du mal à se comprendre. Je dois aussi avoir quelques traits de caractère qui sont insupportables. Peut-être que ce genre de coup de sang ne se reproduira pas, je l’espère en tout cas !

Mais notre troisième expédition dans la forêt fut concluante, et tout fut vite oublier ! Cette fois, un groupe avec des touristes a repéré les Propithecus à 9h à peine, et juste à côté de nous. Du coup nous avons pu les suivre toute la matinée, et récolter les fèces de chacun des deux membres du groupe (un mâle et une femelle), ce qui correspondait exactement à nos objectifs.

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Voilà la bête qui n’existe qu’en 5 exemplaires dans ce parc.
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Accessoirement, c’est le plus grand des lémuriens.

Par contre, il y avait en permanence un tas de touristes bruyants et remuants aux pieds des lémuriens. Le seul objectif des touristes est de prendre le maximum de photos, je déteste ça, mais finalement je fais la même chose…

En discutant avec un gamin, j’ai éveillé son intérêt, et celui de sa mère par ailleurs, quand j’ai dit que je menais des recherches dans le parc. La discussion a été écourtée juste après car j’étais attendu, mais visiblement, notre boulot fascine un peu les gens, ce que je comprends parfaitement en fait ! Nôtre intérêt pour le caca des lémuriens doit un peu leur échapper, toutefois.

En rentrant, j’ai appris une nouvelle assez désagréable : tout le matériel que nous commandons nous est facturé ! Si j’avais su, j’aurais été plus radin sur notre commande… Heureusement qu’ils n’ont pas tout trouvé…

Cela dit, on a pu mener quelques essais d’observation directe dans le labo. Les microscopes ne sont vraiment pas de bonne qualité… Mais par contre, j’ai découvert que je pouvais prendre des photos largement potables en collant l’appareil sur l’oculaire du microscope. Mais je n’ai fait que photographier quelques éléments que de toute façon, nous ne sommes pas capables d’identifier…

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Au boulot !

Le soir, la tension est redescendue avec Tina, au cours des jeux de cartes. Par contre, si elle n’était pas avec Vincent, je la verrais bien avec Tim. Lui semble attentionné avec elle, plus qu’avec les deux autres filles, qui de toutes façons n’ont pas des horaires compatibles avec les nôtres (leur étude porte sur des lémuriens nocturnes). Quand à Tina, je pense qu’elle ne se doute de rien. Si l’idée lui a traversé l’esprit, en tout cas elle ne la mettra jamais en pratique. Je ne le lui souhaite pas, d’ailleurs, parce que son histoire avec Vincent est magnifique, même si je trouve Tina pleine d’illusions et de naïveté (en fait, elle me rappelle les filles qu’on voit dans les mangas japonais, celle qui font preuve d’une grande bonté avec tout le monde, mais qui pleure pour rien, et qui sont pleines d’illusions et de rêves). C’est peut-être de la chance d’être comme ça. Je me demande comment pensent les malgaches à ce sujet. Ils sont surement moins compliqués…

Samedi 17 – Deuxième rencontre avec les Propithecus et visite à Ranomafana

Ce matin, je suis allé à la forêt sans Tina. Je lui recommandé de laisser sa cheville, qui lui fait toujours mal, se reposer au moins un jour sur deux. J’ai eu un guide différent de ceux qu’on avait le reste de la semaine, il ne parlait ni français, ni anglais : la conversation était assez limitée… De plus, il n’y est pas allé de main morte sur le rythme et le trajet, des pentes sévères.

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Même dans la jungle, des lignes électriques traversent le paysage.

Mais au final, je n’ai pas souffert longtemps, car on a trouvé les Propithecus du groupe 4 (ceux d’hier) assez proche de là où on les avait laissés la veille. Ils dormaient à notre arrivée, mais assez rapidement, un flux de touristes s’installa et ils reprirent leurs activités. Finalement, ça m’arrangeait, car les regarder dormir n’était pas très intéressant… J’ai pu collecter les fèces du mâle et de la femelle à nouveau, ce qui est idéal pour la bonne réalisation de notre protocole (où il faudrait le faire sur trois jours consécutifs).

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Ranomafana, vu depuis le parc

L’après-midi, retour au village, pour une visite d’une heure sur internet, avec Tim (Tina passait le reste de la journée et la nuit avec sa tante). J’ai pu profiter du beau temps car cette, fois nous n’avions pas de voiture pour descendre. Par contre, nous avons été obligé d’en payer une pour remonter, car on n’a fini qu’à 17h et le temps de remonter, il ferait nuit…

C’est le premier samedi soir que je passe à Madagascar. J’avais envi de faire quelque chose, n’importe quoi, afin de profiter de la soirée (avec grass’mat le lendemain). Mais seul au centre avec Tim (les filles étaient dans la forêt, comme tous les soirs, et Tina avec sa tante), ça ne laissait pas vraiment le choix… On a bien discuté, et on a fait une partie de Risk, mais au final, à 23h environ, et un peu désœuvré, on est monté se coucher. La fête est reportée au prochain samedi…

Dimanche 18 – Jour de repos

Cette journée est le jour de repos de la semaine, même pour les étudiants chercheurs. Je me suis levé pour le déjeuné, naturellement, puis nous avons passé l’après-midi et la soirée à jouer avec des jeux et à regarder des films.

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Une vue du camps, 50m de dénivelé au-dessus du labo.

C’est la première fois qu’on partage des activités avec Catherine et Judith. Cela dit, on n’a pas vraiment parlé. Judith (la malgache) est vraiment extrêmement discrète et timide. Elle ne parle presque jamais… En même temps, elle ne parle qu’un peu le français et pas l’anglais, ce qui rend les conversations difficiles à suivre pour elle, vu qu’elles sont majoritairement en anglais. On a d’ailleurs eu une amusante conversation autours des similitudes et des différences entre nos langues.

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Le réfectoire, avec les fameux coffres.

La tension a disparu avec Tina, mais on communique moins, de manière assez évidente. Elle ne rigole plus de mes blagues, contrairement à avant où elle rigolait pour rien. Au contraire, il semblerait que je l’agace à chacune de mes remarques. Peut-être que c’est moi qui cherche à voir un problème…

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Les toilettes pour la nuit. Mais faut pas regarder dans les coins, et au-dessus de la tête : c’est convivial, là-dedans.

Finalement, la journée est passée assez vite. En plus, pour la première fois depuis notre arrivée à Ranomafana, il ne faisait pas beau, et même plutôt froid. On n’aura peut-être de la pluie cette nuit, pour la première fois depuis notre arrivée.

Lundi 19 – Premières pluies

La visite dans la forêt ce matin fut intéressante : ce fut notre première journée sous la pluie. Et ce fut la chasse aux sangsues plus qu’aux Propithecus, elles couraient sur nos pieds, nos jambes, nos bras, et dans le cou ! J’en ai aperçue qui se déplaçaient sur le sol, mais la seule façon d’expliquer pourquoi certaines se retrouvent dans le cou est qu’elles sont aussi sur les branches des arbres, même si je ne les ai pas observées directement. En tout cas, la chasse fut efficace car je me suis moins fait mordre que la première fois.

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C’est à cette occasion que les dernières tensions avec Tina ont totalement disparu. Cette chasse aux sangsues, et le fait que je n’arrêtais pas d’en retirer en train de se balader sur elle, a relancé la conversation, et fait disparaître le petit malaise qui trainait encore. Ensemble dans l’adversité.

Il a plu une partie de l’après-midi. Nous l’avons passé dans le labo, pour préparer notre première vraie analyse. La chercheuse qui nous a passé les protocoles d’analyses avec la centrifugeuse nous a gentiment écrit par mail pour nous dire qu’elle avait pris la centrifugeuse en partant. Et de nous expliquer comment faire pour s’en passer : laisser les tubes sédimenter pendant 12h, où les faire tourner au-dessus de nos têtes pendant 1min… Je suis relativement septique quand à l’efficacité de ces méthodes, mais on n’a pas vraiment le choix. En théorie, ça devrait marcher, mais en pratique, ça serait avec une centrifugeuse… En attendant, on doit laisser 12h nos tubes sédimenter.

Le soir, il pleuvait averse à nouveau. On n’a passé la soirée à l’intérieur, même les filles, qui travaillent toujours le soir, ne sont pas allé dans la forêt. La remonté vers la tente fut intéressante : le chemin qui y mène était devenu un vrai petit torrent. Par contre, j’ai pu constater l’utilité et l’efficacité des bâches tendues au-dessus de nos tentes : les tentes ne sont pas du tout mouillées.

Mardi 20 – Matinée à Ranomafana et aprem au labo

Nous n’avions pas prévu d’aller dans la forêt aujourd’hui. Nous devions aller à Ranomafana ce matin afin de trouver de la Bétadine, et éventuellement des filtres à café. Mais c’était sans compter le fait que la pharmacie de la ville n’en avait pas. Quand aux filtres à café, personne n’en utilise ici… Donc nous sommes rentré bredouilles…

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Un dobi bredouille.

Cependant, nous avons eu de la chance pour les trajets allé et retour, car nous avons fait du stop, et nous avons été transportés gratuitement par des malgaches. C’était appréciable vu qu’il pleuvait. Mais nous sommes quand même arrivés en retard pour le repas…

Un autre détail amusant, que je n’ai pas mentionné la dernière fois que nous avions fait un bout de chemin à pied, c’est la réaction des enfants que nous croisons : tous nous saluent avec un « salama » enjoué, et parfois même avec la main, ce à quoi nous répondons « salama » aussi ! Mais c’est marrant, ils nous dévisagent et nous regardent en riant, ça pourrait être marrant de tenter de parler avec eux un jour. Ils ont l’air vraiment amusé par les Vasas…

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L’école du village.

En revanche, l’après-midi a été plus productive : nous avons enfin pu observer les résultats de nos premières analyses sur des échantillons que nous avons récolté, et nous avons trouvé deux espèces de parasites que nous avons pu à peu près identifier : des strongles et des trichures, deux parasites finalement assez courants… Nous avons fini de travailler tard du coup.

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Sédimentation par hyperosmolarité… en gros, ça remonte se coller sur les lamelles !

Le soir, nous avons expérimenté la coupure de courant : le noir total brusquement, et du coup, petite soirée posé à la lueur de nos lampes frontales… Un détail intéressant que Tim n’a pas manqué de nous faire remarquer : le filtre pour l’eau potable ne marchait plus, donc il valait mieux éviter de boire au robinet. De toutes façons je ne prends jamais mon eau au robinet, sauf pour la gourde qui me sert dans la forêt (donc à priori, pas utile ce soir là…).

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Sacrée omelette, celui-là ! Ah mais oui j’aime pas ça…

La nuit, Tina  était encore été malade. Visiblement, l’omelette du repas de ce soir n’est pas passée… Elle est la seule à en avoir mangé, vu que ni Tim ni moi n’aimons les œufs, et la cuisinière adapte très gentiment les plats aux gouts de chacun : je n’ai même pas eu besoin de lui dire que je n’aimais pas les œufs, elle s’en est rendu compte toute seule à un repas précédent. Je l’ai remercié chaleureusement. Quand à Tina, quand elle est revenue cette nuit, je lui ai proposé de ne pas aller dans la forêt le lendemain pour se reposer, mais elle allait mieux au réveil, et elle y est allée courageusement.

Mercredi 21 – Matinée dans la forêt et aprem au labo

J’ai eu une nouvelle idée avec les sangsues ce matin : mettre des bottes ! C’est vraiment plus facile de les repérer, et de les enlever. Porter deux paires de chaussettes s’avère utile : l’une d’entre elle recouvrant le pantalon, les sangsues arrivant jusqu’en haut des bottes ne pouvaient pas atteindre ma peau. L’autre avantage étant que deux chaussettes rendent la marche avec des bottes plus agréable… Les bottes ont également été utiles, car bien qu’il fasse beau ce matin, la pluie de la veille avait rendu certaines zones bien humides…

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La tenue idéale, après une semaine d’expérience. Nos guides portaient des bottes, aussi.

L’autre idée que j’ai eue fut de capturer des sangsues dans un pot à prélèvement. J’en ai capturé 7 qui grimpaient le long de mes bottes (sur la trentaine que j’ai du retirer ce matin). J’ai pu observer que l’eau et le froid les endormaient, mais qu’au soleil, elles se réveillaient et devenaient très actives. Les ondes de choc aussi les réveillent. Je les ai mises au frigo en espérant que je pourrais les voir au microscope ou à la loupe demain : je me demande vraiment à quoi ressemblent les extrémités, qu’elles utilisent pour s’accrocher.

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Saloperie… mais ça transmet aucune maladie, à priori.

On n’a pas trouvé de Propithecus aujourd’hui. J’ai demandé au guide ce qu’était devenu le groupe 1, que l’on n’a pas encore vu depuis notre arrivée (on a fait que voir à trois reprises les deux membres du groupe 4). Ils nous ont expliqué que le groupe 1 était probablement sorti du parc, ce qui arrive de temps en temps, car ils n’ont pas été vus depuis un mois…

On a croisé le directeur du parc en rentrant, sur la partie du trajet entre l’entrée réelle du parc, et là où les visiteurs descendent des voitures. C’est une ligne droite que nous pouvons faire tout seul, ce qui évite à nos guides de faire un aller-retour inutile pour nous ramener, donc nous leur avons dit de ne pas nous accompagner jusqu’au centre et d’aller directement prendre leur déjeuné à la cabine, où les guides mangent tous les jours. Evidement, cela n’a pas plu au directeur, qui ne savait pas bien sur que c’était nous qui avions dit aux guides de nous laisser (donc il ne nous a rien reproché à nous, mais nous a dit de demander aux guides de nous raccompagner). De même, nous n’avions pas de badges, et pour cause, on ne nous en a jamais donné, et les trois autres étudiants n’en portent jamais. Mais ils en ont ! Et nous aurions du en avoir aussi. Il fallait donc que l’on demande à Eileen de nous en faire. Cela l’a fait rire à midi, quand nous lui en avons parlé. Je me suis aussi bien garder de lui montrer le pot avec les sangsues, car nous n’avons pas l’autorisation de rapporter du parc autre chose que des échantillons venant des Propithecus. Surtout que je n’ai aucune raison particulière de les rapporter, c’est juste un délire de ma part… Quand aux fèces collectées, visiblement, il s’en moque royalement. Il nous a juste demandé comment se passait nos recherches avant de remarquer un de ses employés sans badge aussi.

21-07-10 (14) Red Lemur (Eulemur rufus)
Famille de Red Lemurs, spotted !

L’après-midi, ni Tina ni moi n’étions vraiment motivés pour travailler. J’ai fait une longue sieste d’une heure et demie, et pendant ce temps, Tina a lu son livre. Depuis qu’on fait des observations au microscope, on observe un tas d’éléments que l’on n’arrive pas à identifier avec certitude. Les images ne sont pas toujours nettes, et il y a vraiment beaucoup de débris. Même hier, les deux éléments qu’on a identifié ne sont pas beaucoup présent, il y en a même un que l’on a vu qu’une fois… Mais cette après-midi, en regardant à nouveau les lames, j’ai suspecté que ce qu’on croyait être des débris étaient en réalité un parasite protozoaire, des coccidies. Et il y en avait beaucoup, le résultat  était donc significatif.

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Du caca au mortier.

Le plus drôle, ce fut quand nos guides sont revenus de leur balade après déjeuné : ils ont trouvé le groupe 1 ! Juste après nous avoir dit ce matin qu’ils n’ont pas été vus depuis un mois, ils réapparaissent ! Et du coup ils nous ont soigneusement récupéré des fèces de chaque membre, ce qui fait qu’on a échantillonné tous les individus de la partie du parc qu’on visite tous les jours. Il ne reste plus qu’à analyser nos fèces avec précision, ce qui est quand même le bémol de notre étude : quand bien même nous ayons une formation de vétérinaire, et l’habitude de voir quelques parasites, nous ne sommes pas des spécialistes de la diagnose de parasites, et je suis sur qu’on passe à côté de certains d’entre eux, où qu’on en confond avec des graines végétales, ou d’autres trucs du genre. Tina ou moi rapporterons des échantillons pour les faire analyser par le service de parasitologie d’Alfort, peut-être. Cela sera plus sur que de se contenter de nos résultats (ce qui ne nous empêche pas d’essayer quand même !).

Le soir, nous avons joué aux cartes, comme d’habitude. Mais j’ai bien rigolé : je gagnais à un jeu de carte que Tina nous a appris, et elle voulait que Tim et elle se liguent contre moi. Seulement, en jouant, elle a fait perdre Tim, ce qui m’a donné un bon fou-rire ! Elle a l’art d’animer une soirée à elle toute seule…

La suite du journal, semaine 3, en cliquant ici 😉

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