Journal de Madagascar, semaine 3

 

Première partie du journal en cliquant ici.

Deuxième partie du journal en cliquant ici.

 

Jeudi 22 – Dernière matinée dans la forêt, et aprem au labo

Ce matin était théoriquement le dernier où je me suis levé pour aller dans la forêt. La visite fut assez ennuyeuse, car nos guides recherchaient le groupe 1 qu’ils avaient aperçu hier. Du coup ils tournaient en rond autours du point où ils les avaient vus hier, et nous on attendait au milieu. C’est vers 11h15 qu’ils furent aperçus juste un peu plus bas, et du coup, nous avons du attendre 2H30 le temps qu’ils se réveillent, et qu’ils défèquent, et nous sommes arrivés en retard pour déjeuner. De plus, l’averse qui a duré toute l’après-midi a débuté juste quand nous avions fini d’échantillonner. Du coup, ce fut une matinée assez froide et humide. Mais contrairement aux autres jours, je n’ai pas eu affaire aux sangsues…

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On commence à être à l’aise après deux semaines !

J’avais mis au frigo hier mon bocal avec les sangsues, afin de les tuer pour pouvoir les observer. C’était sans compter le fait qu’elles résisteraient à 4°C pendant 24h, car dès que j’ai sorti le pot du frigo et que je l’ai ouvert, elles se sont toutes réveillées (alors que je pensais que certaines étaient déjà mortes hier…). Finalement ces bestioles ont la capacité de se mettre en veille, et de se réactiver à la chaleur ou face à des ondes de choc (quand on tape sur le pot, elles réagissent).

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Et encore, c’est la saison sèche.

Vendredi, il est prévu que le ministre de l’environnement malgache vienne visiter le centre. Du coup, ça a été le grand déménagement pour tout le personnel malgache, qui réinstallait la grande salle où l’on mange en salle de réunion. Ils ont pris la table sur laquelle on travaillait au labo, car ils n’en avaient pas assez, du coup on a du déplacer notre matériel. Une coupure de courant est venue interrompre nos analyses de l’après-midi, mais elle n’a pas duré longtemps, et on n’a pu manger avec la lumière normale.
La pluie a au moins un intérêt : le soir, les filles ne vont pas dans la forêt, et du coup on passe du temps à jouer ou à regarder des films, c’est plus sympa à 5. C’est également ce jour là qu’une nouvelle étudiante est arrivée, vers midi, au centre. Elle est malgache, et parle très bien français et anglais. Toutefois, il n’est pas prévu qu’elle reste longtemps, car elle doit repartir le lendemain à la capitale.

Vendredi 23 – Matinée au labo et courses à Ranomafana

Ce matin, nous nous sommes levés pas trop tôt pour travailler au labo. Mes sangsues sont toujours en vie. C’est effrayant. Tina a tenté une nouvelle technique d’étude, qui permet d’observer d’autres types de parasites. Mais notre matériel limite l’efficacité du protocole, il risque d’y avoir des ratés…

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Voici ce qu’on observe le plus : des débris végétaux.

A midi, à peine étions nous assis à table, que le ministre de l’environnement est arrivée. Nous avions été déménagés dans les bureaux, un étage sous le réfectoire, car ce dernier a été recruté pour le repas avec le ministre. Du coup tout le monde était sur son 31, costard et courbette devant le ministre. En fait, les seuls qui n’étaient pas bien habillés étaient nous, et le ministre : en survêt et en basket Adidas, avec une barbe conséquente, un gros ventre… Le type est aussi général, à priori il a été nommé par le nouveau président (que la population malgache n’aime pas vraiment). On s’est chacun présenté à tour de rôle, donnant l’école d’où nous venions, et ce qu’on faisait au centre. Un tas de photographes et quelques caméramans nous mitraillaient (les caméras n’étaient pas meilleures que la mienne, d’ailleurs). Le ministre semblait indifférent à toute cette agitation autours de lui. Il a surement l’habitude, mais je suis sur aussi que ce type s’intéresse autant à l’environnement que moi je m’intéresse au cours de la bourse… Ce petit évènement n’était finalement pas différent de tout évènement politique : rempli d’hypocrisie et de fausse courtoisie.

L’après-midi, nous sommes allés à Ranomafana pour quelques courses, et internet. Il pleuvait bien violemment, mais heureusement pour nous, nous avons profité d’aller-retour du car du centre pour le trajet. J’ai pu faire quelques achats intéressant, je commence à avoir plus l’habitude de reconnaître l’arnaque du le prix acceptable…

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Toute l’équipe des étudiants !

L’ambiance ce soir était aussi bien plus enjouée que les soirs précédents, peut-être tout simplement parce que nous étions moins fatigués. On a eu de beaux fou-rires, on a regardé un film et jouer à des jeux de cartes, et même fait une démo de rock avec Tina !

Samedi 24 – Allé à Manakara

Ce WE, un des oncles de Tina lui a proposé de nous emmener à Manakara, une grande ville à l’est au bord de la mer situé à 3-4h de Ranomafana. Il est venu la veille retrouver Tina, et a dormi à l’hôtel, pour un départ prévu ce matin à 8h30. Le programme n’était pas clairement défini : nous devions passer la journée à Manakara, mais nous ne savions pas si nous dormirions sur place à l’hôtel, ou dans le village de l’oncle de Tina, dans la brousse (ce qui impliquaient des conditions plus rudes, comme l’absence d’eau chaude). Toujours est-il que je me suis équipé en conséquence, avec fringues de rechange, maillot de bain, minimum de toilette (douche prise ce matin, le retour étant prévu dimanche soir, j’avais prévu de ne pas me laver entre les deux). J’ai préparé des vêtements chauds, mais j’ai oublié les tongs, alors qu’ils annonçaient du beau temps. De toute façon j’avais plus vraiment de place dans le sac. Tant pis, j’aime bien marcher pied nus.

Le trajet vers Manakara m’a montré à quel point les paysages sont variés dans l’île : le passage de la forêt montagneuse à une espèce de désert de colline, puis un paysage de bordure de mer (palmiers et sable). Le temps aussi a changé : nous sortions d’une semaine de pluie, nous avons enchaîné avec un soleil bien chaud.

A environ 1h de notre destination, nous sommes arrivés non loin du village de l’oncle de Tina, qui se trouvait à 3km de la route goudronnée. Toute la famille était au bord de la route, à attendre notre arrivée. C’est là que l’oncle de Tina a cédé sa place à son fils, Toky, qui a mon âge, et qui est chauffeur, pour nous emmener. La cousine de Tina, Sitraka, qui doit avoir dans les 15 ans, nous accompagne aussi : ils sont en vacances depuis peu, et ils s’offrent aussi un WE en ville. La tante de Tina nous avait préparé notre déjeuné : un poulet grillé.

Le reste de la route fut silencieux. Bien que les cousins de Tina sachent parler relativement bien français, je pense que nous étions tous intimidés les uns par les autres. Mais l’arrivée en ville a levé le silence.

Cette ville est impressionnante : centrée sur un marché gigantesque et grouillant, elle s’éparpille un peu partout autours, via de larges chemins de terre pas toujours très entretenus. Le marché regorge de monde, mais presque aucun « Vasas ». Ce n’est pas une ville touristique, ceux-ci se font rares. Il n’y a également pas beaucoup de véhicules, les déplacements se font à pied, à vélo, et pour les plus riches (qu’on reconnait à leur corpulence ou à leurs vêtements soignés) se déplacent avec les « pousse-pousses », comme ceux que l’on voit en Chine. Il y en a d’ailleurs un nombre impressionnant, toujours accompagné d’un type maigrelet dont on se demande comment il faut pour courir avec ce chariot derrière lui vu sa carrure. Les bâtiments sont variés : de la cabane en paille à l’immeuble de trois étages (assez rare quand même), en passant par de modestes maisons ou de grands entrepôts. Les bâtiments les plus entretenus sont les hôtels et les bâtiments d’entreprises.

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Un immeuble en bord de mer.
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En centre ville.

Notre première activité fut de se poser devant la mer pour manger. A la suite de quoi nous avons été trempés nos pieds dans l’eau. La mer étant apparemment infestée de requins, il n’est pas recommandé de se baigner, et effectivement, personne ne va dans l’eau jusqu’à perdre pied. C’est à l’occasion de ce barbotage dans l’eau que nous avons commencé à bien rigoler avec les cousins de Tina.

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L’océan Indien.

On a ensuite fait un petit tour dans la ville en voiture, histoire de voir les choses les plus importantes : grand marché, église, stade, différents hôtels, piscine naturelle (un bout de mer fermé par un barrage), station de radio (qui ressemble à tout sauf à ça), gare… et aéroport. Il y a trois trains par semaine, et un avion par mois qui arrivent à Manakara. Nous nous sommes posés quelques instants devant la piste, sur laquelle trainent quand même un tas de gens (certains s’en servant comme d’une route pour leurs affaires, d’autres comme d’un terrain de foot).

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L’aéroport, à utilité mensuelle.

Nous avons ensuite fait un tour rapide dans le marché. En réalité, il n’était pas très intéressant : les produits vendus sont toujours les mêmes, et toujours des gadgets chinois, ou des vêtements de même origine (ça se voit à l’emballage où c’est écrit en chinois). Mais nous avons quand même quitté la route pour passer derrière les bâtiments, au niveau d’une sorte de marché couvert, et là nous sommes tombés sur des choses plus typiques de Madagascar : des chapeaux, des paniers, et une grande variété d’aliments et de grains. L’ambiance qui y règne me fait vraiment penser à une fourmilière : incroyablement dense, et ça bouge dans tout les sens avec une fluidité extraordinaire. Au milieu de tout ça, je ne passais apparemment pas inaperçu, j’entendais des « Vasas ! » de gamins derrière-moi assez souvent… Il y avait aussi de temps en temps quelques mendiantes (je sais pas pourquoi, mais toujours des femmes) qui venaient réclamer des sous, et qui se faisaient gentiment repousser par les cousins de Tina.

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Une rue de la ville.

Nous avons enchainé avec un verre au niveau de la piscine naturelle, puis avec le choix de notre hôtel : pour environ 11€, nous avions une chambre avec douche chaude et toilette, télévision, et deux lits (un double et un simple). Toky n’ayant pas prévu de dormir à l’hôtel mais chez des amis, cette chambre nous suffisait : je prenais le lit simple, et les filles le double. En pratique, notre télé était monochrome, et suivait la chaîne que regardait la gérante à la réception… Mais c’est du luxe ! Et je ne suis pas venu ici pour regarder la télévision (avec des chaînes françaises en plus).

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Les véhicules de cette ville…

Nous sommes ensuite allé manger au restaurant, où chacun s’est fait plaisir (j’ai fait un gros repas pour 4€, et c’était un resto cher…). Tina payait toujours la part de ses cousins. J’ai aperçu d’autres blancs dans ce resto, des touristes français. Mais aucun ne semble avoir de la conversation, bien qu’on ne soit pas beaucoup de touristes dans cette ville… Nous sommes ensuite allés faire un tour à « la grande braderie », une petite partie du marché apparemment plus classe que le reste. J’y ai acheté une chemise pour l’équivalent de 10€ : c’est toujours moins cher qu’en France mais ça reste un prix plus élevé que ce à quoi je m’attendais. Ce marché ne doit pas être à la portée de tout le monde dans la ville, mais on y voit un grand nombre de gens relativement bien habillés (mieux que moi d’habitude, en tout cas).

De retour à l’hôtel, nous avions prévu d’aller au club situé juste à côté de l’hôtel. Mon soucis était que je n’avais pas du tout prévu de vêtements pour une soirée en discothèque : à part une chemise noire qui ressemble plus à celle de nos guides qu’à une chemise classe, et un pantalon de jogging, je n’avais rien (la chemise que j’avais acheté à la grande braderie était trop classe par rapport au pantalon). J’ai quand même tenté le coup : nous sommes descendus à 21h30, heure à laquelle on nous avait dit que la soirée débutait. Évidement, il n’y avait absolument personne : les boîtes fonctionnent ici de la même manière qu’en France, il faut rentrer à partir de 22h30 minimum…

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L’hôtel le plus riche de la ville.

Dans la chambre, c’est là que les choses se sont gâtées avec Tina. J’étais déjà bien fatigué, mine de rien, et je commençais à avoir mal à la tête. Du coup, au bout d’une heure, quand j’ai vu que Tina s’était endormie sur son livre (sa cousine dormait déjà depuis longtemps), j’ai éteins la lumière et je me suis couché, ayant perdu toute motivation pour aller danser. Tina s’est réveillée 30min plus tard avec la ferme intention de descendre, et j’ai refusé : ça l’a énormément frustré. Visiblement en colère, elle est sortie toute seule pour y aller. De retour 5min plus tard, elle m’explique après que je lui aie demandé qu’il n’y avait personne, et qu’ils avaient donc fermé la boîte. Elle avait vraiment envie de faire la fête, et elle était frustrée et en colère de ne pas pouvoir.

Dimanche 25 – Retour de Manakara

Sitraka n’est pas différente de tous les malgaches : réveillée bien avant nous, pratiquement à l’aube, elle a attendu 9h30 que Tina et moi émergions. Le RDV avec Toky était à 10h. Visiblement, la nuit porte conseil, la première chose que Tina m’a dite ce matin est qu’elle s’excusait de s’être énervée la veille. Le fait est que j’ai été surpris : je ne m’y attendais pas. Finalement, elle a relativisé un peu. L’évènement fut donc oublié. J’ai aussi remarqué dans la voiture des cadavres de bouteilles de bière vide : le cousin est allé faire la fête hier, et sans nous (ce qui m’indiffère totalement, mais si Tina s’en était rendu compte, peut-être qu’elle aurait eu des raisons de lui en vouloir plus qu’à moi…).

Notre programme ce matin était de trouver une piscine ouverte, ce qui est rare pendant l’hiver malgache… En réalité, il n’y en avait pas. Toky nous a fait quitter la ville sur un petit sentier de terre, et au bout de 6km, nous sommes arrivés à un hôtel composé de bungalows plutôt jolis, en bordure de mer. C’était le type d’hôtel typique où le touriste vient pour y faire la même chose que chez lui : bronzette et glandage, avec par-ci par-là un petit tour en ville pour dire qu’il a vu du pays. Les quelques touristes présents correspondaient au profil.

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Au bord de la mer.

Nous sommes allés nous baigner dans la mer, la plage étant protégée par un barrage que l’on pouvait voir affleurer à la surface entre deux vagues à une vingtaine de mètres du bord. La mère de Tina lui ayant dit de ne pas aller dans la mer, il lui a fallu 10min après que je sois rentré dans l’eau pour se décider à y aller (et oui, j’étais le premier dans l’eau et même le seul à y être entré entièrement). Les vagues parfois assez hautes (mais jamais plus d’un mètre) nous on bien fait rigoler. Au moins, maintenant, je peux dire que je me suis baigné dans l’Océan Indien… ça me fait une belle jambe.

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T’es content toi aussi de te baigner dans l’océan indien ?

Après avoir séché au soleil (c’est à cette occasion que j’ai du rougir un peu…), nous sommes allé manger dans un resto moins chic que la veille, mais beaucoup moins cher (2 à 3 fois moins). Cependant, la nourriture est de même qualité. Après quoi nous avons pris la route du retour.

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Le resto typique de la ville.

Après une petite crevaison, sans gravité puisqu’une roue de secours était cachée sous la voiture, nous sommes arrivés au village de l’oncle de Tina. Et c’est là que j’ai vraiment vu le pays profond, la brousse : toutes les maisons étaient en pailles et en petit bois, et les habitants n’avaient visiblement pas vu de « Vasas » depuis un moment…

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Annexe de la maison principale, où se situait la seule source d’électricité du village, un groupe électrogène.

La famille de Tina occupait la plus grande maison du village : une pièce servant de salon et salle à manger, deux pièces pour la chambre, et une sorte de cuisine dans laquelle se trouvait pleins de gens, qui m’ont tous serré la main. Une petite annexe à côté servait apparemment aussi de cuisine. C’était la seule maison qui avait l’électricité (grâce à un petit générateur), et donc une télé et un lecteur DVD, qui a immédiatement servi pour regarder le mariage d’une autre cousine de Tina. Juste à côté de la maison, une dizaine de femmes (de gamine jusqu’à vieille) utilisaient des troncs pour broyer des grains de riz, en rythme, ce qui faisait un bruit de tambour régulier. Il y avait aussi des animaux domestiques : j’ai vu deux chattes (dont une avec deux petits chatons de 20 jours à peine), et un perroquet. Un chien devait apparemment trainer dans le coin aussi. Quand j’ai fait la remarque sur le fait qu’ils possédaient la plus grande maison du village, personne n’a relevé, modestement, mais concrètement, les signes de richesse par rapport aux gens qui trainaient autours de la maison étaient évident : voiture, électricité, animaux domestiques, domestiques tout court… Mais cette richesse est relative, ce sont des gens qui ont un peu d’argent dans un village qui vit de ce qu’il produit. Pendant que Tina s’occupait de photographier les chatons, j’ai tenté de prendre quelques photos du village, discrètement : je déteste avoir l’air d’un touriste photographiant à tout va, mais je voulais garder une image de ce bref passage dans la brousse.

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Les paysans vivent de rizières, à perte de vue.
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Les femmes écrasent le riz. A tout âge.

Avant notre départ pour Ranomafana, nous sommes allés faire un petit saut à la rivière proche où les cousins de Tina allaient apparemment souvent jouer étant gamins. Pour le coup, les rivières sont les mêmes que chez nous. J’aurais préféré rester au village pour mieux le découvrir… Mais ce que j’en ai vu m’a déjà offert un aperçu de la vie à Madagascar bien différent de ce que j’ai pu voir dans toutes les villes situées le long de la route.

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Toutes les maisons sont en terre, bois et paille.

Le retour s’est fait sans problème, à part un petit contrôle de gendarmerie comme on en a souvent, qui a été un peu plus long, car étant couché sur la banquette arrière en train de somnoler, les militaires ont cru que je me cachais. Après 5min à regarder mon passeport où ils ne semblaient pas comprendre grand chose, ils nous ont laissé passer en rigolant. J’ai bien fait de l’emmener (Tina n’avait pas le sien, mais ils ne le lui ont pas réclamé).

De retour au centre, Tina est monté se coucher tout de suite : demain, elle se lève pour aller en forêt, et moi pas, je dois préparer mes affaires pour le retour. Le centre était désert, j’y suis resté un moment, jusqu’à ce que les deux filles reviennent de la forêt, comme d’habitude assez tard.

Lundi 26 – Préparation pour le départ

J’ai eu une bonne surprise en me levant ce matin : après avoir démonté ma tente, je suis allé chercher mes sacs dans la tente de Tina, juste à côté de là où était la mienne, et j’ai pu découvrir de la moisissure sur et dans mes sacs, le tout accompagné d’une odeur assez désagréable (la même que lorsqu’on laisse une serviette humide en boule, mais en pire). Je suis descendu au centre avec la tente et le tapis de sol roulés en boule pour les laver, et j’ai ensuite passé le reste de la matinée à laver mes sacs. Je les ai ensuite mis contre le radiateur afin qu’ils sèchent, que je puisse ranger mes affaires avant ce soir (et pas la peine de compter sur le soleil aujourd’hui).

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Il n’a pas aimé l’humidité…

Après déjeuner, je suis allé au labo pour la dernière fois. J’ai pu constater, entre autre, que mes sangsues, après trois jours complets au frigo, pouvaient encore vivre : l’une d’entre elle bougeait encore ! Mais un certain nombre semblaient quand même assez mal en point… J’ai pu en mettre une entre lame et lamelle, je n’ai pas été déçu de ce que j’ai vu au microscope.

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La tête de la sangsue, on voit bien les crocs.

Pour ce qui est des analyses, il reste beaucoup de travail à Tina. Nous n’avons pas pu avancer très vite, et maintenant elle est toute seule pour continuer. Je pense qu’il serait plus simple de s’en remettre à des analyses à Alfort, car de toutes façons, je ne pense pas qu’elle pourra finir ici, à moins d’y passer ses journées et de ne plus échantillonner dans la forêt tous les matins.

J’ai passé aussi une partie de l’après-midi à préparer mon sac, et régler les dernières formalités. J’ai vu le comptable, avec qui j’ai réglé mon séjour (il s’est avéré être moins cher que prévu, d’ailleurs). J’ai aussi vu un agent de recherche qui va bientôt partir au Brésil, et qui a besoin d’un visa que personne ne peut lui donner à Madagascar, étant donné qu’il n’y a pas d’ambassade du Brésil… Du coup c’est moi qui vais le faire en France, il m’a donc passé un dossier complet, et de l’argent pour régler les frais éventuels. Je devrais faire ça le plus tôt possible après mon retour…

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L’équipe étudiante, avec Eileen.

Le soir, Tina a organisé un petit diner sur Ranomafana, avec tous les étudiants, et Eileen. Nous sommes allé manger dans un restaurant assez sommaire, mais avec un petit groupe de jeunes qui chantaient et jouaient de la guitare juste à côté. L’ambiance de la soirée était vraiment détendu, on a tous fais des conneries avec les objets sur la table, puis on s’est baladé une vingtaine de minutes dehors avant d’abandonner Eileen, et de remonter en voiture au centre.

De retour au centre, c’est là que le carnage a commencé avec Tim et Tina : bataille de bandes Velpeau, de coussins, puis on a ligoté Tina et on l’a mise dehors. Le clou du spectacle fut un banal « bouh » que je lui ai fait, avec l’aide de Tim qui l’a amené près de là où je me cachais. L’ambiance ce soir était vraiment excellente, je suis content de partir après cette soirée.

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C’est que la bestiole s’est pas laissé faire !

Mardi 27 – Retour vers Antananarivo

Ce matin, je me suis réveillé malade pour le départ vers Antananarivo… Des choses peu ragoutantes : diarrhée, et envi de vomir. Le plus curieux, c’est que ça m’a pris au réveil, j’ai très bien dormi pendant toute la nuit, malgré l’absence de matelas (il était déjà rangé). Du coup au réveil, j’ai rangé mes dernières affaires, et j’étais prêt à quitter le centre.

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C’est passé tellement vite…

J’ai eu un petit pincement au cœur au moment où le chauffeur faisait le plein pour la voiture, car tout le monde était là pour me voir partir : les étudiants, le comptable, Liva, quelques guides, Eileen… Je ne me sentais pas très bien, mais ça ne m’a pas empêché d’avoir une petite larme au moment où la voiture partait, car ils se sont tous alignés et ont fait une « holà ». Après le pot de départ hier et ça ce matin, ils ont réussi à m’attendrir.

Le trajet fut par contre beaucoup plus pénible : j’ai demandé d’abord au chauffeur de s’arrêter au bout de deux heures pour vomir, puis un tour aux toilettes à la pause déjeuner. J’ai découvert les toilettes les plus horribles de mon existence : un trou, autour duquel deux marches glissantes vous invitent généreusement à prendre une position acrobatique pour viser le trou sans mettre les pieds sur ces marches (à voir ce qu’il y a dessus, c’était pas réussi les fois me précédant). La porte monte jusqu’au-dessus de ma tête, mais il y a 1cm entre chaque latte de bois. Et le PQ consiste en quelques feuilles de papiers journaux attaché à l’aide d’une ficelle au mur. PQ réutilisable, bien sûr. C’était pourtant les plus belles toilettes de ma vie. De quoi couper toute envie de déjeuner.

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Voilà à quoi ça ressemble, dans mes souvenirs.. et encore, y’a un chiotte là.

Et j’ai béni Eileen pour le vrai PQ qu’elle a mis avec un sceau dans la voiture… on sent l’expérience de la courante. Il a fallu que je choppe ça 3 semaines après mon arrivé.
Cette femme, c’est vraiment Sigourney Weaver dans Avatar, caricaturalement.

Au déjeuner,j’ai fait l’erreur de tenter d’ingérer une banane, mais 20min plus tard, à l’arrêt à une station-service, à peine sorti de la voiture qu’il a fallu courir jusqu’aux chiottes de la station (que je n’ai pas atteint), et re-vomi et re-toilette. Et j’étais à peine sorti de la station service que j’ai remis ça…

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Le dépassement de ce troupeau a pris plus de 15min, je pense qu’il y avait entre 1000 et 1500 zébus !

Après quoi j’ai décidé de faire le reste du trajet sur la banquette arrière, à dormir, et j’avoue que quand je me suis réveillé, à l’arrivée, vers 17h, j’allais beaucoup mieux. J’ai passé le reste de la soirée à glander, faute d’avoir le temps d’aller au bureau de MICET pour internet.

Mercredi 28 – Journée à Antananarivo

Après une nuit pimentée de deux ou trois réveils, je suis allé vers 10h30 au bureau de MICET, où j’ai été une fois de plus très bien accueilli. Tout le monde se souvenait de moi, malgré notre passage éclair il y a trois semaines… En tout cas, MICET s’occupe de nous trouver une voiture pour les trajets entre le bureau et l’aéroport. Il ne me reste donc plus qu’à m’occuper de trouver de quoi faire l’échange entre les Ariari qu’il me reste, et des euros (et il me reste un peu plus 400€).

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La capitale.

J’ai passé ensuite un moment sur internet, et à trier mes photos. Je n’ai pas déjeuné, malgré le fait que j’avais faim, mais l’idée de manger me donnait envi de vomir. C’est au moment de partir, vers 15h, que Liva est venu me présenter à son cousin, qui vit à Marseille. Fraichement arrivé à Madagascar, il doit échanger 400€. Il a déjà un contact qui lui propose un taux de change intéressant (2800Ar pour 1€, moi je n’avais eu que 2700). Mais la différence entre les deux taux n’était que de 14€ sur les 400 échangés… Donc on a pu faire l’échange, qui me laisse avec assez d’Ariari pour payer l’hôtel et d’éventuelles petites dépenses.

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Le bus de la capitale. Tout l’art de le prendre consiste à le faire sans qu’il s’arrête : les véhiculent roulent lentement, mais de manière assez dense, avec beaucoup de gens autours.

J’ai également tenté d’appeler l’orphelinat où je souhaitais laisser mes vêtements, mais je tombais sur le répondeur. La femme de l’accueil (à qui j’avais emprunté le téléphone) m’a proposé de rappeler demain matin, au moment de mon départ. Elle en a profité pour me dire qu’elle avait aussi un fils qui pourrait avoir besoin de ces vêtements, donc si l’orphelinat reste injoignable, je pourrais les laisser à l’hôtel, ils feront des heureux ici aussi…

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Et quelques kg en moins pour le retour.

J’ai à nouveau passé la soirée à glander, faute d’avoir faim, et je ne pouvais pas non plus sortir, vu que j’allais aux toilettes toutes les deux heures…

Jeudi 29 – Retour à Paris

Ce matin, je fus heureux de me réveiller sans avoir le sentiment d’être malade. Le retour en avion aurait probablement été pénible sinon. J’ai donc pris un petit déjeuné, première chose que je mettais dans mon ventre (et qui y restait) depuis 48h.

Le trajet vers l’aéroport fut un peu long, en raison des embouteillages. Il y a quand même 26km entre mon hôtel et l’aéroport, et on a mis une bonne heure pour les faire.

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Le klaxon sert à communiquer : ça veut dire « pousse toi », ou « merci de t’être écarté » !

Une fois arrivé sur place, il fallait que j’échange le reste de monnaie qu’il me restait contre des euros (j’en avais à peu près l’équivalent de 20). Le problème était qu’ils ne vendaient pas d’euros si j’en avais moins de 50 à prendre… donc j’ai pu demander à des gens qui trainaient dans le hall, ils m’ont trouvé 20€ à échanger avec mes Ariari restant. J’ai ensuite fait la queue (très longue, les bornes d’enregistrement ne sont pas très bien organisées…) puis embarquement, et départ avec 45 minutes de retard…

Le vol s’est bien déroulé : pas de problèmes intestinaux, mais pas réussi à dormir non plus. Par contre, le survol de l’Afrique de jour nous a permis de voir le Kilimandjaro, à côté duquel on passait, émergeant des nuages… J’ai aussi pu apprécier l’arrivée sur la côte européenne (en l’occurrence, l’Italie), de nuit : la côte toute illuminée, dessinant la limite terre/mer… Le survol de la France m’a aussi permis de voir un orage par-dessus, ce qui est assez amusant.

Et finalement, c’est avec seulement 20 minutes de retard que je repose le pied en France.

Quel voyage. Merci Tina, je te suis redevable à jamais pour cette expérience.

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Une réflexion sur “Journal de Madagascar, semaine 3

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